O Doherty rajoute « le contexte devient contenu ».
L’espace de la galerie prend un tout autre sens, L'art, en effet, ne peut se suffire à
lui-même qu'une fois isolé des sphères politiques et sociales. Or la galerie moderne, considérée comme un espace neutre - "White Cube" -, place l’œuvre en dehors de toute réalité sociale ou politique.,
Des artistes ont su jouer avec ces contraintes tandis que d’autres ont préférés « fuir » la
Yves Klein avec son exposition « le vide » en 1958 nous montre la galerie tel qu’elle est, cette exposition peut à elle-seule illustrer le terme White Cube. Le public était invité à ressentir l’espace.
Manzoni avec souffle d’artiste contribue lui aussi à un changement dans notre acceptation ce que constituait l’objet d’art.
Avec le minimalisme et l’art conceptuel, il y a une « dématérialisation de l’objet d’art » (Lucy Lippard).
La galerie cesse son activité conventionnelle d’exposition d’objet pour devenir un « lieu où l’on fait l’expérience de l’expérience ».
Allan Kapprow envahit l’espace de la galerie avec des œuvres, des œuvres en cours et autres matériaux mais son insatisfaction devant les limites imposés par la galerie le pousse à travailler en extérieur. Apparaît le happening,
Un happening est une performance (représentation). Une traduction possible en français serait une intervention artistique.
Le happening se distingue de la simple performance par son caractère spontané et le fait qu'il exige la participation active du public. Ainsi, pour Allan Kapprow :
« Structurellement et philosophiquement, c’est la même chose » mais « la performance est en réalité un évènement artistique, et il se produit devant un public » contrairement au happening qui lui n'a « pas de public. Seulement des intervenants » et qui ne comporte « pas de références à la culture artistique. Pas de références à la musique, au théâtre, à la littérature. »


Suit Oldenbourg et son installation Store, Jin Dine avec car Wash, et Christo et ses emballages de monuments dès 1958. Le groupe Fluxus s’approprie ce mouvement, leur but ultime est de supprimer toutes frontières entre Art et Vie. En intégrant le public à la performance artistique, les artistes Fluxus veulent supprimer l'idée d'un art qui se donne à voir et mettent plutôt en avant l'idée d'un art qui s'expérimente, se vit.
L’adoption généralisée de l’installation l’a rendu conventionnelle.
Les artistes du land art veulent quitter les musées et les galeries avec leurs tickets d'entrée
et heures d'ouverture afin de véritablement « sortir des sentiers battus ». L'œuvre doit être non plus une valeur marchande vouée à une élite mais une véritable expérience liée au monde réel. Robert Smithson a cristallisé le concept de site/ non site. En effet, il intervient dans la nature, dans lieu/ emplacement particulier qu’il nomme site. Et conscient qu’il faut garder des traces, il réexpose sous forme de photos ses interventions dans l’espace de la galerie qu’il nomme non site.Le travail de Gordon Mata Clark est aussi très intéressant par son éloignement de la galerie. Contrairement au land Art, il se centre sur l’expérience de la vie urbaine. Son travail est une critique, en présentant des "trous", il soumet le spectacle d’une démolition. Il considère les actes dans la ville comme des intrusions publiques ou des "coupes" dans l’uniformité du tissu de la ville. L’idée est de mettre un terme au conditionnement des masses urbaines qui, libérées, peuvent exprimer certaines réalités refoulées.

Matta Clark voit ses découpes comme « des sondes qui révélaient des domaines... cachés (dévoilant des informations dissimulées par la société) et pénétraient en profondeur... pour créer des répercussions sur tout ce qu’elles pouvaient influencer... » .




Les façades de SITE et « les arrêts d’autobus » de Dennis Adams, les constructions de Tasashi Kawamata évoquent de manière ambivalente des processus simultanés d’évolution et de détériorisation. Charles Simonds construit dans les fissures des bâtiment des ruines miniatures qui sont elles aussi livré a elles mêmes, ils les surnomment les « littles peoples ».
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